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Les Pratiques chamaniques des druides


L’importance de la nature sauvage dans le culte de nos lointains ancêtres s’avère un élément incontournable pour aborder et comprendre le druidisme, et je pense que l’on accorde trop peu d’importance à ce sujet. Beaucoup d’auteurs sérieux sur le druidisme n’ont présenté qu’une approche intellectuelle, comme si les qualités intuitives ne disposaient d’aucune ressource pour explorer l’univers du druidisme. Si les rapprochements avec le brahmanisme sont incontestables, ils ne doivent pas pour autant occulter les similitudes entre le chamanisme et les pratiques énergétiques intrinsèques du druidisme. Jean Markale courageusement (bien qu’entendant parfaitement le caractère indo-européen des Celtes) mit l’accent plusieurs fois dans ses livres sur nombre de techniques chamaniques et de comportements associés présents au sein de la tradition druidique. J’en rappelle les aspects essentiels et les tenants neuroscientifiques dans mon ouvrage Dans la lumière des druides. Je cite ici pour exemple quelques faits très explicites et parlant d’eux-mêmes.

Les pratiques de magie végétale, le bois sacré et la cueillette du gui, également l’immanence mystérieuse du dieu cerf, le Kernunnos gaulois, personnage principal du vase de Gundestrup, déterminent un ensemble d’éléments celtiques et préceltiques prédominants au sein de la pensée druidique. Les magies naturelles végétales et forestières, les transes, et l’utilisation de la musique constituaient un fond commun au druidisme et au chamanisme. Priver le druidisme de son aspect sylvestre et chamanique revient à le décrire incomplet, plus abstrait et intellectuel qu’il ne l’était en réalité, et le réduire à un dualisme mystique, ce qu’il n’était certes pas et bienheureusement. Il est remarquable que le peu d’écrits que nous possédons sur les Celtes fasse mention à diverses reprises de pratiques apparentées au chamanisme : transformations, utilisations de l’énergie végétale, épreuves de la chaleur et des éléments, contorsions, transes. Nous ne pouvons que rapprocher ces démarches de l’esprit de celles des anciens chamans profondément reliés à la nature et aux énergies des éléments.

En parcourant les contes d’origine celtique, l’on est surpris de leur puissance poétique et du sacré dont est revêtue la nature ; pour exemple, ci-dessous deux extraits expressifs de textes mythologiques merveilleux.

Il vit alors une source brillante dans l’enceinte du palais, d’où partaient cinq ruisseaux et les troupes buvaient tour à tour l’eau des ruisseaux. Les neuf coudriers de Buan étaient au-dessus de la source. Les coudriers pourpres jetaient leurs noix dans la source et les cinq saumons de la science qui étaient dans la source les saisissaient. Ils jetaient les coquilles dans les ruisseaux. Le bruit de la chute de ces ruisseaux était plus doux que toute mélodie que l’on chante. (Echtra Cormaic i Tir Tairngiri, éd. Whitley Stokes, Irische Texte III, p. 195 ; cité dans Guyonvarc’h & Le Roux, Les druides, éd. Ouest- France, 1986, p. 157).

Les trois pommes que je vous réclame sont les trois pommes du Jardin des Hespérides, à l’est du monde. Il n’y a pas de pommes qui me satisferont, hormis celles-là, car ce sont les meilleures en qualité et les plus belles du monde. Voici comment elles sont : elles ont la couleur de l’or poli et la tête d’un enfant d’un mois n’est pas plus grande que chacune des pommes. Elles ont le goût du miel quand on en consomme ; elles ne laissent ni blessures sanglantes ni maladies malignes à ceux qui en consomment ; elles ne diminuent pas quand on en consomme longtemps et toujours. Celui qui a enlevé une de ces pommes a accompli son meilleur exploit car, après cela, elle lui revient encore. (Textes mythologiques irlandais I/1, p. 111 ; cité dans Guyonvarc’h & Le Roux, Les druides, éd. Ouest-France, 1986, p. 159).

Dans le chamanisme, les forces de la nature tiennent une place primordiale, et le développement de la pensée rythmée et la communion avec les éléments et la lumière représentent des pratiques cruciales. D’après ces traits caractéristiques, l’on peut considérer le chamanisme comme un ensemble de techniques apparentées à celles de la voie magique de l’initiation guerrière.

La singularité du druide réunissant en lui les qualités du chaman et du prêtre, en étant pourtant ni l’un ni l’autre, a longtemps égaré nombre de chercheurs quant à la définition du druide. Les pratiques de magie végétale, le bois sacré et la cueillette du gui, également l’immanence mystérieuse du dieu cerf, le Kernunnos gaulois, personnage principal du vase de Gundestrup, déterminent tout un ensemble d’éléments celtiques et pré‑celtiques prédominants au sein de la pensée druidique. Du fait du rôle primordial de la nature dans leur spiritualité, je pense qu’il n’est pas erroné de rattacher ce particularisme au chamanisme. Si l’ensemble des pratiques végétales et forestières, de transe, d’utilisation de la musique et de la magie ne constituait pas un fond commun au druidisme et au chamanisme, nous pourrions comprendre alors que les druides créèrent leurs propres pratiques chamaniques.


 
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